La ville de Geamana a été engloutie par un lac toxique en raison de la création d'un bassin de décantation pour les déchets de la mine de cuivre de Rosia Poieni dans les années 1970. Le village a été submergé lorsque les résidus miniers et les eaux acides se sont accumulés dans le bassin, entraînant l'évacuation des habitants.
Dans les années 1970, à Rosia Poieni, la Roumanie ciblait l'exploitation massive d'une des plus grandes réserves européennes de cuivre. Sous le régime de Ceaușescu, les autorités voyaient là une opportunité économique énorme pour le pays. Dès 1977, l'activité minière démarre vraiment, en mode intensif, avec de gros équipements industriels pour extraire le minerai à plein régime. L'objectif était ambitieux : exploiter vite, produire beaucoup, sans trop s'embarrasser des conséquences. Rapidement, la mine devient l'une des plus grandes à ciel ouvert du continent, produisant des milliers de tonnes de cuivre chaque année, mais aussi d'énormes quantités de déchets toxiques. Personne ne le savait encore vraiment à l'époque, mais cette exploitation allait transformer profondément toute la région.
Dans les années 80, pour exploiter la mine de cuivre à ciel ouvert de Rosia Poieni, les autorités décident de créer un bassin artificiel pour stocker les déchets toxiques. Le principe est simple : broyer la roche extraite, récupérer le cuivre, puis rejeter tout ce qui reste — les fameuses boues toxiques et des produits chimiques. Progressivement, ces rejets s'accumulent dans la vallée, formant ainsi ce gigantesque lac aux couleurs surréalistes, du rouge à l'orange en passant par du turquoise. Le cocktail chimique contient du cyanure, de l'acide sulfurique, des métaux lourds comme du plomb, cadmium et arsenic. Évidemment, ce n'est pas franchement ce qu'on veut près de chez soi. Au départ limité à quelques hectares, le lac toxique grandit inexorablement, inondant peu à peu champs, maisons et même l'église du village de Geamana, dont seul le clocher dépasse bizarrement aujourd'hui. Au fil du temps, le lac est devenu une sorte de paysage lunaire sinistre et fascinant à la fois.
À partir des années 1970-80, les autorités ont décidé de vider le village de Geamana, pour utiliser toute la vallée comme lieu de stockage des déchets miniers toxiques. Les habitants ont reçu une petite indemnité pour quitter leurs maisons et ont été forcés de s'installer ailleurs. Petit à petit, un mélange épais et coloré de déchets miniers boueux (stériles miniers) a commencé à envahir la vallée. En quelques années, tout a disparu : fermes, jardins, cimetières, routes, tout englouti lentement sous une boue chimique aux couleurs étranges. Seul le clocher d'une ancienne église dépasse aujourd'hui encore, servant de triste témoin visuel de ce magnifique village devenu lac toxique.
La formation du lac toxique a ruiné l'écosystème local. Les eaux chargées de métaux lourds comme le cuivre, le cadmium et l'arsenic ont contaminé sols et nappes phréatiques. Résultat : une faune et une flore quasiment disparues sur plusieurs kilomètres autour du site. Les habitants restants souffrent de troubles de la santé, notamment des problèmes respiratoires, cutanés et digestifs liés au contact avec les déchets. Certains signalent aussi une augmentation inquiétante des cas de cancers et autres maladies chroniques, conséquence directe de cette pollution persistante. Aujourd'hui encore, aucune amélioration notable ne se fait ressentir.
Les habitants du coin ont vite montré leur colère face à l'engloutissement progressif du village. Certains ont tenté des manifestations pour dénoncer la situation, mais ça n'a pas donné grand-chose au départ. La pression des médias roumains et étrangers a quand même permis d'attirer un peu l'attention sur ce désastre écologique. Quelques ONG et des groupes locaux se bougent aujourd'hui pour mettre en place des initiatives de réhabilitation. Ils lancent petit à petit des projets pour dépolluer l'eau, protéger le reste de la région et éviter que la situation s'empire encore plus. Mais clairement, il reste beaucoup à faire.
Le phénomène d'engloutissement de Geamana est souvent comparé au cas plus connu d’autres villes submergées à travers le monde, comme Potosí en Bolivie ou Centralia aux États-Unis, victimes elles aussi de graves dégâts causés par les industries extractives.
Bien que presque entièrement immergé, le clocher de l’église de Geamana émerge toujours de façon emblématique à la surface du lac toxique, symbole poignant rappelant la tragédie humaine et environnementale subie par la région.
À l'origine, Geamana était une belle vallée fertile, réputée pour son agriculture prospère, avant de devenir un lac toxique artificiel suite aux activités minières intensives des années 1970 et 1980.
La couleur surréaliste du lac toxique de Geamana provient de mélanges chimiques de métaux lourds comme le cuivre, l'arsenic et le cadmium, lui donnant des teintes oscillant entre l'orange vif et le gris blanchâtre.
Plusieurs initiatives ont été discutées, comme l'extraction sécurisée et l'élimination des sédiments toxiques ou encore des projets de phytoremédiation visant à décontaminer le sol à l'aide de plantes spécifiques. Cependant, pour le moment, ces mesures restent encore largement limitées en pratique devant l'ampleur du problème écologique.
Les principaux produits chimiques sont issus des résidus miniers, incluant notamment des composés de cuivre, du cyanure, et des métaux lourds tels que le plomb, l'arsenic, et le cadmium, qui contaminent l'eau et le sol environnants, rendant le lac particulièrement dangereux pour l'environnement et la santé humaine.
Malheureusement, oui. Plusieurs autres villages à travers le monde ont été victimes d'engloutissement ou de contamination liée à l'exploitation minière intensive. On peut citer par exemple Centralia aux États-Unis, ou Wittenoom en Australie, victimes d'activités minières dangereuses ayant forcé leurs habitants à évacuer définitivement.
Les habitants déplacés de Geamana ont reçu des compensations limitées pour quitter leurs maisons, mais celles-ci sont largement considérées insuffisantes compte tenu de la perte de leur cadre de vie et des dommages environnementaux à long terme auxquels ils sont confrontés.
Oui, une partie du village est encore visible, notamment le clocher de l'église qui émerge des eaux toxiques. Toutefois, il est fortement déconseillé de s'approcher sans précaution, car la zone présente de réels risques sanitaires liés aux substances chimiques présentes.

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